Miles From Nowhere

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Miles From Nowhere

Nami Mun

 

Résumé (tiré de la 4ème de couverture)

Joon et ses parents ont quitté la Corée pour s’installer en Amérique, à la recherche d’une vie meilleure. Mais le rêve a mal tourné, l’ambiance familiale est devenue insoutenable, et l’adolescente a fui pour vivre dans la rue.

Sans jamais s’apitoyer sur son sort, Joon raconte les épreuves qu’elle traverse : la plongée dans l’enfer de la drogue et de la prostitution, l’errance de foyers en squats. mais sa voix, pudique et tendre, s’affirme au contact du monde de la rue, notamment grâce à l’amitié très forte qu’elle noue avec une autre gamine des rues Knowledge. Les deux filles réussissent même à s’offrir des instants de fêtes au sein de ce tragique quotidien.

Pariant qu’en chacun de nous subsiste un enfant révolté, joueur et généreux, Nami Mun nous invite à nous glisser dans la peau de ces personnages adolescents en fuite, tout en composant le portrait de leur New York, cette ville dont l’architecture grandiose et lumineuse semble se refermer sur eux comme un piège.

Nami Mun est une auteure américano-coréenne qui est née et a vécu dans le Bronx à New York. En écrivant Miles From Nowhere, elle s’inspire directement de son environnement.

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L’histoire est racontée du point de vue de Joon, une ado en fugue qui a préféré fuir un contexte familial perturbé et déboussolant plutôt que de subir la dépression de sa mère et l’attitude de son père qui a fui le foyer familial. En gros, une situation pas gaie du tout et ça se ressent sur le style et l’atmosphère. Comme c’est écrit à la première personne on s’identifie plus au personnage principal et le style d’écriture est à la fois simple, direct mais aussi très profond et émotionnel. Joon nous livre son expérience et son ressenti de manière sensible et sincère alors les choses sont parfois dites de façon crue ce qui est souvent le cas dans ce genre de littérature.

L’intrigue ne commence pas dans un ordre linéaire par rapport au résumé qu’on lit avant. En fait on entre directement en plein dans la fugue de Joon et elle est déjà dans un foyer depuis deux semaines dans le premier chapitre. On passe donc les détails sur le pourquoi du comment et justement on le découvre au fur et à mesure et on apprend vite comment elle s’en sort (ou pas) loin de sa famille.

La vie d’immigrés aux Etats-Unis n’est pas chose facile en particulier pour des asiatiques fraîchement débarqués. Loin de tenir ses promesses glorieuses, le pays n’offre à la famille de Joon que misère et déconvenues alors la situation peut vite se dégrader. Si vous vous attendez à lire un roman de littérature asiatique comme on en voit, détrompez-vous ! L’auteure est américaine avant tout même si elle n’oublie pas son pays d’origine. Mais le style d’écriture et l’histoire ne vous donnera pas un point de vue de la vie en Corée du Sud du tout. Tout se passe aux Etats-Unis et le sujet majeur c’est l’immigration des sud-coréens aux USA.

Joon subit les épreuves les unes après les autres et pourtant garde un optimisme fascinant et incroyablement stupéfiant ! Elle est forte et pourtant n’est qu’une très jeune adolescente. Mais elle trouve du réconfort auprès de certains amis de la rue même si on ne lui fait pas de cadeau pour autant.

Une très belle histoire, émouvante qui nous livre une vision dure de la réalité et nous offre un autre point de vue sur les Etats-Unis mais aussi les coréens. L’histoire de Joon est racontée d’une manière très délicate et on s’attache vite à cette jeune fille fragile et tenace. Ce n’est pas le genre de livre qui vous transporte pour autant car concrètement il n’y a pas beaucoup d’actions mais il est plus basé sur l’émotion et la vie en général. Ne vous attendez pas à suivre une chronologie particulière, car Joon parle au passé et semble faire un retour en arrière sur son vécu. En tout cas ce livre nous fait passer par toutes les émotions et parfois peut être un peu déprimant car il nous met face à une dure réalité et on se demande comment une jeune fille comme elle peut vivre autant de choses aussi dures.

Je trouve la citation du début du livre magnifique et je tenais à la mettre à la fin de cet article :

 

Voir clair et sans ciller,

sans se detourner,

quel supplice, les yeux maintenus ouverts,

à deux doigts du soleil.

(Notes Towards a Poem That Can Never Be Written, Margaret Atwood)

Je trouve qu’elle colle très bien à l’histoire et au ton du livre : elle fait penser à un but qu’on touche du doigt, duquel on se rapproche et qu’on attend depuis longtemps mais qu’on ne peut malheureusement pas atteindre.

 

Note : 6/10

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