Promenons-nous au Japon avec Casterman

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Le Japon vu par 17 auteurs

L’esprit onirique de ce pays qui mêle traditions, histoire, rituels, zenitude et ultra-modernisme se reflète dans le recueil de nouvelles sous forme de BD/vignettes qu’offrent les éditions Casterman en  2005, 10 ans déjà. Taniguchi, Sfar, Schuiten, Aurita et 17 autres auteurs nous emportent au pays du soleil levant, sans censure, sans prendre de pincettes, mais avec une originalité et une douceur telle qu’on en voudrait plus.

Impossible de parler de toutes les mini-BDs de cet ouvrage, mais j’en ai sélectionnées quelques unes qui m’ont plus particulièrement touchée. Elles représentent peut-être mieux le Japon que les autres en tout cas.

Jirô Taniguchi est bien connu pour ses thèmes familiaux et intimes : ici, dans Ciel d’été, il nous prouve qu’il est désormais un grand maître dans l’art de faire passer les émotions à travers son dessin épuré et raffiné et ses mots bien choisis. La nouvelle aborde un de ses thèmes classiques : le retour d’un (grand) enfant dans sa campagne natale en bord de mer pour rendre visite à sa mère malade.

Dans Ôsaka 2034, François Schuiten et Benoît Peeters nous font voyager dans le futur, dans un Japon moderne, où la technologie s’est développée à foison. Il est bien loin le temps des shogun et des samouraïs ! La période féodale n’est plus. Notre conception de la réalité devient toute autre ici. Ecrite il y a 10 ans, cette nouvelle reflète pourtant encore une forme de réalité et anticipe avec brio une prochaine réalité… Ce que deviendra notre société, ou plutôt celle du Japon, dans un avenir proche, un thème récurrent de fin et de début de siècle. Avec la peur de la fin du monde quelque peu déclenchée par des spéculations religieuses et l’obsession des scientifiques, la fiction finit par aborder des thèmes comme l’évolution de l’humain et l’emprise de la cyber-technologie sur notre monde. Non loin d’être totalement proleptique et annonciatrice d’un véritable futur, cette nouvelle de Schuiten et Peeters nous permet cependant de mettre le doigt sur des thèmes universels qui resurgissent même aujourd’hui. Et pourtant, on est bien plus proche de 2034 qu’en 2005… Malgré cet aspect futuriste, le dessin est très pointu, délicat et l’histoire s’ouvre sur une contre-plongée sur la nouvelle Ôsaka: un grand arbre peuplé de serres ou de bulles protectrices et qui surplombe le périphérique ou des voitures au design futuriste se croisent. Des gratte-ciels à perte de vue. L’atmosphère est mise en place ! Preuve que même en imaginant le futur, les auteurs y mélangent toujours modernité et tradition : de jeunes femmes en kimono boivent le thé dans les airs devant les immeubles en béton et en verre.

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Le Chant des grillons de Moyoko Anno offre une réelle parenthèse dans notre lecture : peu de mots, une économie visuelle qui contrecarre les autres mangas. Avec elle, on entre de plein pied dans un Japon historique. Son univers est à l’image du Tombeau des Lucioles et digne d’un Jidaigeki (Drama/série télé historique japonais(e)). La poésie transparaît parfois aussi bien dans le silence et la contemplation…

Il est évidemment impossible de faire une analyse poussée et approfondie de certaines de ces nouvelles, mais leur format court nous permet justement d’apprécier un petit moment de tranquillité et de profiter de plusieurs histoires à la fois. Un bon moyen également de découvrir des auteurs qu’on ne connaîtrait pas forcément.

A voir également : La Corée vue par 12 auteurs.

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Retrouvez également cet article sur mon blog Sebovies : literary you said ?

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